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" Une ouverture dans le mur "

Michel Marinus

La modernité devrait être le lieu de toutes les communications. Jamais l’homme n’a autant communiqué que de nos jours. Presse ordinaire, radio, télévision, sociologie, psychologie, internet, sms, mms, mails divers, que dire, que constater ? La communication est telle qu’on n’en connaît plus le nom. L’artiste, lui, sait que la communication n’est pas ce qu’en disent les médias. Il sait que la communication n’est pas médiatique ni médiatisable. Il sait aussi qu’avant que de communiquer avec un public quel qu’il soit, il doit communiquer avec lui-même. Connais-toi toi-même, disait l’infaillible Socrate. C’est ce que je crois comprendre à travers l’œuvre, toujours plus serrée, toujours plus parlante et communicante, quant à elle, de Michel Marinus.

 

L’exposition Wall with an opening

 

Le thème de l’exposition – une ouverture dans le mur -, le cadre esthétique, le choix des œuvres présentées, l’unité des coloris et des personnages, attestent d’une réelle préoccupation de mettre le questionnement artistique en abyme : le mur, l’incompréhension de tous ressentie comme une insulte, la honte du mur, et au-delà du mur, au-delà de l’incompréhension et de l’impossible réponse, quel recours ? Quel regard poser sur la détresse de l’artiste en mal de beauté ?

Mais comment accéder à l’objet aimé, par-delà l’obstacle solide de la brique ? Car cet objet qui fait et tend le désir de l’artiste, de tout artiste, est inévitablement muré, emmuré, enclavé. C’est l’inaccessible étoile de Brel, ce sont les lointains nuages de Baudelaire, c’est encore la caverne de Platon. Indicible, inexprimable, insaisissable, la finalité de l’artiste est comme un parcours d’obstacles qui ne se résoudrait jamais. Michel Marinus n’échappe pas à ce lancinant auto questionnement du peintre cherchant dans sa toile une utopique réponse à son utopique question : qu’est-ce que la beauté, où est-elle et comment m’en emparer ?

Toujours présente, dans des lignes pures qui contrastent avec la confusion préméditée de son carcan bétonné, la femme de dos (l’admirable Fracturing zone) est saisie par Michel Marinus au crayon et à la sépia avec une infinie délicatesse : adulée, vénérée, révérée, l’aimée et la maudite, tournée de quart, déjà absente, s’impose à merveille sur un fond de cisaillements, de fractures, de déchirures, d’éparpillements. L’objet d’amour est chez lui un peu comme ce rêve matinal et fuligineux de l’Unique, qui nous échappe cruellement après nous avoir si profondément, si durablement investis à notre insu.

Outre l’intelligente technique fusionnelle de collages et de citations (Anisotropy evolution), ce que j’ai particulièrement apprécié et retrouvé dans l’ensemble de l’œuvre exposée, c’est à la fois l’unité des coloris (des rouges, des ocres, des bruns et des bleus à la manière très évocatrice de Pompéi) et celle des personnages féminins. Tantôt hiératique et solitaire, le dos nu et fermé (Walls computations), tantôt séquentielle et drapée, bras tendus, évoluant alors de concert avec une alter-ego dans un univers mystérieux qui pourrait être africain, indien, asiatique, la femme est bien au centre d’une œuvre qui force la méditation. Son impôt de toujours.

A quarante-cinq ans, Michel Marinus a déjà derrière lui un imposant parcours d’expositions collectives et personnelles. Une qualité à épingler parmi d’autres, est certes, s’additionnant à son continuum technique, la variété thématique de ses œuvres, rassemblées d’une exposition à l’autre selon l’inspiration de l’année. L’exposition Wall with an opening, titrée délibérément en anglais, est exemplaire à cet égard, laissant à tout spectateur le souvenir ciblé d’une beauté rouge brique dans la muraille devenue éloquente. On ne saurait trop encourager l’artiste à persister dans sa quête thématique et à y trouver le bonheur lié à toute vraie création. Et la connaissance de lui-même, puisque personne n’échappe à la sagesse socratique.

 

Jean-Claude Lequeux.

 


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