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Sélection d'articles et critiques sur l'œuvre de Michel Marinus

ART EXPO

Art Manifestations in Belgium and Luxemburg — Gallerij Elias, Antwerpen (1999)

L’artiste opte pour des compositions collées et emmêlées, où la part du rêve est laissée au libre choix de l’œil du spectateur.

« Mariant le mot et la phrase parcellaire à ses tableaux, il met la scène semi-écrite en abyme pictural », nous dit poétiquement à ce propos Jean Lhassa. Un art de camper les états d’âme…

Œuvre de Michel Marinus présentée dans le cadre d’ART EXPO
Œuvre de Michel Marinus présentée dans le cadre d’ART EXPO.

Galerie Tempo Médical (1999)

Notre artiste du mois : Michel Marinus

"Sur la Terre bariolée chemine un homme, ni riche ni pauvre, ni croyant ni infidèle, il ne courtise aucune vérité, il ne vénère aucune loi..."

- Omar Khayyam (v.1047-v.1122)

"Le peintre n'est jamais innocent, pas plus que son œuvre. Il y a une forte préméditation dans l'intérêt de Michel Marinus pour le vieux poète persan, qui craignait la mort (et le ciel) au point de chercher dans la vie immédiate toutes les jouissances, ainsi qu'on peut le lire dans ses quatrains sensuels et épicuriens après la lettre.

Michel Marinus suit probablement le même propos en faisant reposer nombre de ses peintures sur le Cantique des Cantiques. Qu'en est-il de la vie, de la matière, des choses, et de nous-mêmes? Homme de sciences par formation, comme le mathématicien moyenâgeux de Nichâpur, Michel Marinus est de surcroît philosophe et grand poète, et personne n'a jamais dit que sciences et lettres s'excluaient. Elles se pondèrent mutuellement.

C'est ainsi que géomètre de la peinture dans un premier temps, Michel Marinus opte à présent, avec un bonheur que je crois incontestable, pour des compositions collées et emmêlées, où la part du rêve est laissée au libre choix de l'œil spectateur. Autrefois, le peintre vous disait où aller, comment y aller et peut-être même "pourquoi" vous rendre aux destinations qu'il préconisait, pour la plupart insulaires et combien solaires. Aujourd'hui, chargé d'une mélancolie qui enrichit son œuvre, il vous suggère seulement ses regrets, ses amertumes, ses rêves, ses ambitions.

Mariant le mot et la phrase parcellaires à ses tableaux, il met la scène semi-écrite en abyme pictural. Résulte de cet alliage en profondeur une répétition spectaculaire qui n'est nullement redondante mais qui ouvre un champ imaginaire fécond. La ligne pure, les structures d'arpenteur d'hier se fondent ici dans un flou onirique qui met singulièrement en exergue la puissance alphabétique, l'art de nommer les états d'âme.

Et pour nous rappeler que l'œuvre peinte est un message destiné, Michel Marinus colle sur la plupart de ses tableaux récents un timbre, on ne peut plus symbolique, d'une société hélas en rupture de communication. Ajoutons à cela que ses personnages, vus en gros plan, sont le plus souvent biffés, griffés par des traits de peinture toutefois harmonieux. Comme si quelque chose dans la société moderne réfutait l'individu.

Il y a, bien sûr, chez Michel Marinus, un autre message au-delà du message. Une deuxième lecture, et c'est probablement celle-là que désire le plus l'artiste, la vôtre, celle qui surpassera, étonnera la sienne. Car l'artiste exprime pour que nous exprimions, bien plus qu'il ne cherche le dialogue. Citant Omar Khayyam ou le Cantique des Cantiques, Michel Marinus propose un discours ancestral, quasi musical et allégorique, auquel il s'agit que nous ajoutions le nôtre, ponctuel, inscrit dans le temps, marqué par notre histoire. Le lien intemporel est alors établi, où l'homme exulte.

Peintre du temps et du délicat, peintre du rêve que fait le cœur quand il est au bord du voyage ou de l'amour, peintre du mot et des nostalgies, tel me paraît Michel Marinus, persévérant et talentueux, proche des choses les meilleures et les plus simples, épicurien sans nul doute à la manière d'Omar Khayyam dont il se réclame, et surtout respectueux de son public auquel il s'adresse avec la ferme intention de lui dire que la beauté existe, non moins que l'amour de celle-ci."

Jean Lhassa


"(...) Bien qu'il soit autodidacte, c'est incontestablement la peinture qui constitue sa voie royale. La couleur, en effet, transcende sans pour autant dominer absolument comme il arrive chez ceux qui pour elle délaissent la construction. Ses toiles sont toutes fortement architecturées. Mais une palette solaire les fait éclater non pas à la manière d'un coup de clairon comme il arrive chez les Flamands ou les fauves slaves, mais dans une délicatesse de nuances toute latine, celle d'un Matisse ou d'un Martial Raysse."
Jacques Collard — "50 artistes de Belgique", tome II, 1986

Expositions citées

  • Expositions individuelles: Sainte-Maxime (France), 1983; Cirque Royal (Bruxelles), 1985; Galerie Hermès (Bruxelles), 1986; Galerie l'Oeil (Bruxelles), 1990; Banco di Roma (Bruxelles), 1992; Générale de Banque (Bruxelles), 1996.
  • Expositions collectives: Galerie Hutse (Bruxelles), 1986; Musée d'Ixelles (Bruxelles), 1989; JMA-Défense (Paris), 1990; Galerie l'Oeil (Bruxelles), 1991, 1993 et 1996; Expo St'art (Bruxelles), 1997.
  • Prix: "Cocoon Art 94" (Bruxelles), 1994.
Article original Galerie Tempo Médical
Article original (cliquez pour agrandir)
Détail d'une œuvre de Michel Marinus
"Suave Mari Magno", acrylique sur bois, tissu, papier (détail)