Table des matières La prophétie.
(15/02/21-3/03/21)
-Chapitre 1-
Chronique des 11 braves

 

Il lança une pièce d’argent en direction de la fille de salle. Elle l’attrapa au vol. Tous les clients en état de marcher se levèrent et vinrent s’asseoir à sa table. On ne refusait pas une coupe de vin de Daïntin. La fille s’empressa d’apporter deux bouteilles et de les déboucher. Le jeune homme remplit les gobelets tendus vers lui, leva son verre et le vida d’un trait. Il était sur le point de se resservir et de resservir ses convives. Personne n’avait vu le belliqueux soûlard, l’épée courte à la main, qui s’approchait derrière lui. Jéroboam devina plus qu’elle ne vit l’agresseur. Il levait son arme pour frapper le jeune noble dans le dos. Dans un mouvement rotatif et salvateur de sa lourde épée nordique, elle dégaina et trancha le jarret du lâche pochard. L’homme s’écroula, évanoui de douleur et d’alcool. La suite ne fut qu’une formalité. Deux destinées s’étaient trouvées et la prophétie de Stratec l’astrologue prenait vie. Les deux jeunes Humains s’isolèrent dans un coin de l’auberge. Kaï, c’était le nom du jeune noble, se disait l’homme de confiance du roi Aranarth, pas moins ! Leur mission, à tous deux, était des plus simples, lui exposa-t-il. Elle devait veiller sur lui, pendant que lui devait cueillir un grand prêtre au monastère de Macombe, le troisième jour du troisième mois, précisément, et le ramener, ici à Kram, hors de portée des hommes de Gellen l’usurpateur. La solde de Jéroboam fut fixée de commun accord à quatre cents pennies d’argent. Kaï vida encore une ou deux chopines et lui annonça la date de leur départ, deux jours plus tard, le dix-huit, à l’aube. Ce n’était pas trop tôt, s’ils voulaient parvenir à Macombe à temps.

L’aubergiste vint solliciter leur aide. Avec la seule fille de salle, il n’arriverait jamais à débarrasser son établissement du pesant corps du soûlard exsangue. C’était le moins qu’ils pouvaient faire, après le désordre qu’ils avaient mis dans sa maison, prétendait-il. Ils transportèrent le cadavre à l’extérieur et l’abandonnèrent contre une façade. Personne ne se soucia de leurs agissements. La ville était presque déserte, comme si ses habitants l’avaient abandonnée.

Ils quittèrent Kram le jour dit et prirent la direction du sud, par la Route Royale. Ils traversèrent le duché de Beltingel sans encombre. ─>─>

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Copyright Michel Vincent